Aug 5, 2010

[La pause-café] Paracha Réé - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Réé - Rabbi Nathan de Breslev

"Mais évite avec soin d'en manger le sang; car le sang c'est la vie, et tu ne dois pas absorber la vie avec la chair." (Devarim 12:23)

Ce verset explique la raison de l'interdiction biblique de consommer la viande d'un animal aussi longtemps qu'il montre un signe de vie.

Nous savons tous que les sacrifices des animaux qui étaient offerts dans le Temple de Jérusalem étaient le symbole de l'homme lui-même, qui aurait dû offrir sa vie à D-ieu, suite aux fautes qu'il avait commises. Ainsi, le sacrifice de l'animal prend la place de la personne.

L'abattage rituel juif d'un animal (la che'hita) s'effectue en tranchant sa gorge. Ceci s'explique pour deux raisons. La première est pour afficher notre volonté de vouloir dominer notre instinct animal qui est à l'origine de notre faute. Sans cet instinct, l'homme ne voudrait jamais se séparer du Créateur. La deuxième raison est pour permettre à notre âme de s'élever de son aspect animal, pour atteindre le niveau de l'être humain.

La trachée-artère, l'œsophage et les vaisseaux sanguins qui se trouvent au niveau de la gorge sont proches des cordes vocales. Ce sont spécifiquement les cordes vocales qui permettent à la rectification spirituelle de s'opérer grâce à la che'hita. De fait, lorsque la gorge de l'animal est tranchée est que celui-ci meurt, l'âme quitte le corps par cet endroit. Ceci correspond au verset (le Cantique des Cantiques 5:6) : "J'ouvre à mon Bien-aimé, mais mon Bien-aimé est parti, a disparu ; mon âme s'était évaporée pendant qu'Il parlait; je Le cherche et je ne Le trouve point, je L'appelle et Il ne me répond pas."

Au moment où la che'hita a lieu, le sang converge vers la gorge – près des cordes vocales – car l'âme s'apprête à quitter le corps par cet endroit. Cette idée est exprimée dans le verset d'introduction où il est dit que "le sang c'est la vie." C'est précisément à cet endroit que le départ et l'élévation de l'âme s'effectuent.

Ainsi, au moment où l'on s'apprête à tuer l'animal, le sang afflue vers la gorge. Le sang représentant l'âme, il est donc possible d'affirmer que le siège de résidence principal de l'âme se trouve au niveau de la gorge. C'est également au niveau de la gorge que les forces du mal possèdent la plus grande force. De fait, les forces du mal résident à cet endroit afin de se nourrir de notre faculté de la parole ; celle-ci est symbolisée par les cordes vocales qui se situent dans la gorge.

Il existe des âmes qui sont associées avec l'animal. Ces âmes ont chuté du niveau de l'être humain pour atteindre le niveau bestial. En s'attachant au monde animal, le pouvoir du discours a été enlevé à ces âmes, à l'image des animaux qui ne possèdent pas la faculté de la parole. C'est la raison pour laquelle les forces du mal résident avec force au niveau de la gorge : l'absence de la parole représente la nature animale de l'homme et c'est de cette nature que se nourrissent les forces du mal. Ainsi, l'esprit animal de l'être humain – ce qui correspond aux forces du mal – se concentre au niveau de sa gorge.

Ces forces du mal dominent et contrôlent l'âme d'une personne – dans son aspect de la parole – jusqu'à faire tomber l'individu de son niveau d'être humain, pour lui faire atteindre le niveau de l'animal. C'est pour cela que la che'hita s'effectue au niveau de la gorge : afin de couper la trachée-artère, l'œsophage et les vaisseaux sanguins auprès desquels siègent les forces du mal.

C'est également pour cela qu'au moment où l'on abat l'animal, le sang – c'est-à-dire l'âme – se rassemble à la gorge et s'en échappe dès que celle-ci est tranchée. De la sorte, l'âme quitte le corps de l'animal et s'élève de son niveau bestial pour retrouver celui de l'être humain. Cela est possible grâce à la bénédiction que prononce la personne qui effectue l'abattage rituel, ainsi qu'au couteau de la che'hita.

Par conséquent, si l'abattage de l'animal n'est pas effectué au niveau de la gorge – et même si un membre de l'animal est coupé avec le couteau – les forces de l'instinct animal ne sont pas maîtrisées et l'âme ne quitte donc pas le corps. L'âme quitte celui-ci uniquement de la façon que nous avons détaillée. Les forces du mal sont dominées au niveau de la gorge car c'est à cet endroit qu'elles possèdent leur grande puissance ; la gorge est l'endroit dans lequel se trouve la source principale de vie de l'âme, comme nous l'avons expliqué précédemment.

Ainsi, une personne qui mange un morceau de viande d'un animal qui n'est pas complètement mort – que D-ieu nous préserve – consomme en réalité l'âme avec la viande. Cela s'explique par le fait que l'âme et la force de vie n'ont pas encore quitté le corps de l'animal vivant. Nous avons expliqué les raisons pour lesquelles la vie et l'âme doivent quitter l'animal au niveau de la gorge ; en aucune façon, elles ne peuvent s'en séparer à travers un membre différent.

Si la force de la vie et l'âme ne peuvent quitter le corps de l'animal que par la gorge, cela s'explique que c'est en quittant cet endroit qu'elles permettent à la rectification spirituelle (nécessaire suite à la faute commise par la personne qui doit offrir un sacrifice animal) et qu'elles peuvent s'élever du niveau d'animal à celui d'être humain. Couper un membre d'un animal à un endroit différent cause l'exact opposé : ce membre attire vers lui la force de la vie (par le sang qui s'y rassemble), ce qui aboutit à coincer l'âme dans ce membre.

Ceci est la raison de l'interdiction décrite par le verset : "mais évite avec soin d'en manger le sang; car le sang c'est la vie, et tu ne dois pas absorber la vie avec la chair." La viande peut être consommée uniquement après que l'âme s'en soit séparée. En consommant le membre d'un animal qui n'a pas été abattu selon les règles de la che'hita, on détruit et on consomme son âme, ce qui est strictement interdit. Une personne qui mange un membre d'un animal vivant – que D-ieu nous préserve – est en réalité un meurtrier : elle a tué une âme.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth, Yoré Dé'a, Hilkhoth 'Ever Min Ha'Haï, 1:1, de Rabbi Nathan de Breslev,"

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Envoyé par David dans La pause-café le 8/06/2010 12:02:00 AM

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