Jul 8, 2010

[La pause-café] Paracha Matoth-Massé'é - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Matoth-Massé'é - Rabbi Nathan de Breslev


"Si un homme fait un voeu…" (Bamidbar 30:3)

La paracha Matoth traite du sujet des voeux. La mitswa des vœux nous apprend la grande puissance du discours : immédiatement après qu'une personne ait simplement exprimé quelque chose d'une façon verbale, elle doit faire ce qu'elle a dit.

En fait, le sujet entier des vœux est réellement une merveille, tel que l'a expliqué Rabbi Na'hman dans le Liqouté Moharan I:57. Les vœux nous apprennent la grandeur de l'homme et de son libre-arbitre : celui-ci possède la capacité de créer pour lui-même des nouvelles mitswoth avec son discours ; de la sorte, il crée des mitswoth que personne ne lui avait demandé de créer.

Par exemple : une personne peut s'interdire une chose qui est – par nature – autorisée à tout le monde. En formulant simplement son désir, elle s'interdit ainsi cette chose… selon la loi biblique ! Ceci est réellement renversant !

L'objet en question n'est pas interdit d'une façon intrinsèque, mais lorsque la personne a prononcé les mots qui lui interdisent cette chose – même si elle n'a pas prononcé un des Noms saints de D-ieu – la loi biblique s'impose sur elle pour lui rendre cet objet interdit !

La force du libre-arbitre

Grâce à cela, nous constatons la grande force de l'homme, possesseur du libre-arbitre. Le fondement de son libre-arbitre se situe dans sa bouche et dans son cœur. Lorsque son cœur désire fortement être sanctifié grâce à la séparation d'une chose physique – et qu'il exprime sa passion d'une façon verbale en utilisant sa bouche – cette chose se transforme de fait en Tora : c'est la loi de la Tora qui lui interdit maintenant cette chose !

Ce mécanisme s'accomplit grâce au fait que l'âme juive est une "portion de D-ieu en haut" qui Lui-même est lié à la Tora. Nous savons que le Tout-Puissant, la Tora et le peuple juif se font qu'un (Zohar A'haré Moth 73a). Par conséquent, l'homme – avec une simple expression – possède le pouvoir de faire des voeux et de créer des mitswoth pour lui-même, selon son désir.

La raison fondamentale pour laquelle nous faisons un vœu est notre désir de nous séparer des désirs physiques, tel qu'il est écrit (Pirqé Avoth 3) : "Les vœux sont une barrière pour la séparation." Cette sorte de vœu est réellement une mitswa, tel que les Sages du Talmud l'on dit (Nédarim 8) : "Il est permis de faire un vœu afin d'aiguillonner son âme."

Maintenant, la manifestation principale d'un vœu s'effectue par la bouche. Ceci nous apprend la grande puissance du discours. Celui-ci possède la capacité de nous stimuler à nous séparer des choses qui sont normalement permises. Ceci peut prendre plusieurs formes :

Certaines personnes prennent sur elles de jeûner pour un jour. D'autres promettent de s'abstenir de manger un certain type de viande. D'autres encore promettent de donner la tsédaqa… plus qu'elles ne le peuvent réellement. Dans tous les cas, une considération élémentaire de ce sujet devrait nous stupéfier : si nous possédons les ressources internes de surmonter nos tendances naturelles, pour quelle raison devons-nous faire un vœu ? D'autre part, si nous ne possédons pas ces ressources internes, faire un vœu ne changera rien !

L'aspect unique des vœux

Nous pouvons déduire grâce à cela le pouvoir remarquable qui se trouve à la racine de chaque vœu. Prononcer un vœu nous élève à un niveau étonnant de sagesse : celui qui se trouve à la racine du libre-arbitre. C'est de cet endroit que nous dérivons la force de surmonter nos désirs matériels, lorsque nous utilisons notre pouvoir du discours.

(Évidement, prononcer un voeu n'annule pas notre libre-arbitre. Le fait est que le pouvoir du libre-arbitre est tellement puissant qu'il peut dans tous les cas nous égarer. C'est parce qu'elle reconnaît cette vérité que la Tora nous met en garde avec force de respecter nos vœux et – en règle générale – toutes nos paroles.)

Nous trouvons ainsi dans la Tora une preuve de la grande efficacité des vœux pris pendant notre bataille contre le yetser hara' (le mauvais penchant). Il est écrit dans le livre de Ruth (3:13) que Boaz parla à Ruth en lui disant : "Par le D-ieu vivant ! Reste couchée jusqu'au matin." Les Sages (Midrach Raba 5) nous ont appris que cette expression indique que Boaz fit un vœu afin de surmonter son yetser hara'. Ceci signifie que selon Boaz, son mauvais penchant risquait de triompher de lui s'il ne prononçait pas de vœu. Grâce à ce vœu, Boaz put réussir son test et briser son yetser hara'.

Nous trouvons également un nombre important de Justes et de personnes droites qui ont utilisé cet outil dans le cadre de leur travail spirituel. Rabbi Na'hman m'a dit qu'il avait souvent l'habitude de faire des vœux afin d'atteindre des niveaux plus élevés de Sainteté et de se séparer des désirs matériels.

(Adapté de Chiv'hé HaRan 15 et du Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath HaCha'har 5:90)

(N.B. : il est important de préciser que de nos jours, nos Sages nous déconseillent le plus souvent de faire des vœux. Il est ainsi préférable de demander l'avis d'une autorité rabbinique avant d'en formuler un.)

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Envoyé par David dans La pause-café le 7/09/2010 12:02:00 AM